Il existe une technique en ergonomie qui facilite la structuration du contenu d’un site Web : le tri par carte.
Il s'agit d'une activité statistique, qui se base sur la fréquence d’association d’items ; des groupes d’éléments considérés comme similaires, associés ou partageant une ou plusieurs propriétés sont ainsi étudiés.
Au cours de cette technique, il est demandé à des utilisateurs représentatifs isolés (une dizaine minimum) d’organiser suivant certaines catégories, qu’ils déterminent eux-mêmes, un ensemble de cartes présentant chacune un concept, un objet ou une action.
Les verbalisations permettent d'identifier les concepts flous ou peu informatifs. Les résultats du tri par carte sont intégrés dans une matrice permettant d'organiser hiérarchiquement les concepts selon leurs fréquences de classements et l'importance relative de proximité entre concepts.

Une interface procédurale est concue pour libérer l'opérateur d'une charge supplémentaire d'interaction en incluant des procédures que l'opérateur humain devrait effectuer en leur absence. Chaque procédure représentant, sous une forme écrite, le contenu d'une fonction cognitive humaine (par exemple le repérage d'un trajet en automobile tout en conduisant).

Dans une approche centrée sur l'utilisateur, une interface procédurale est basée sur la distinction fondamentale entre tâche à effectuer (but) et interaction avec le dispositif (moyen). Cette distinction permet au système d'assister l'utilisateur dans sa tache en anticipant les moyens nécessaires à la satisfaction de ces besoins.

Les performances d'usage d'un système sont influencées par les différences individuelles entre ses utilisateurs. La prise en compte de ces facteurs humains en conception permet de réaliser des systèmes plus performant et plus sà»r.
On peut étudier les différences individuelles sur de nombreux critères individuels:

  • la motivation
  • le locus of control (controle interne ou externe)
  • L'extravertion
  • La prise de risque
  • Les habilités cognitives
  • Le niveau de connaissances
  • La dependance au champ
  • la personallité

A travers des tests adaptés, on a ainsi pu déterminer l'influence de certaine variable comme le sexe, les origines, l'age, mais aussi le style cognitif ou le style d'apprentissage.

schéma du matching tache/activité par une fonction cognitive

Une Fonction Cognitive caractérise le processus cognitif mis en oeuvre pour la production d'une activité, lors d'une tache données.
L'ingénierie cognitive part de l'hypothèse que toute activité trouve sa source dans la mobilisation de la cognition pour l'execution d'une tache, ainsi les connaissances aquises sur la cognition permettent de mieux étudier l'activité.
Les fonctions cognitives sont décrites selon 3 termes:

  • son role, a quoi sert t-elle?
  • son contexte, lors de quelle situation sert-elle?
  • ses ressources, de quoi a t-elle besoin pour servir?

On peut ainsi à travers ces fonctions mieux resituer les normes de conceptions dans leurs futur contexte d'utilisation.
Lors de la conception itérative d'une interface, ces fonctions permettent des avancées multiples:

  • en ergonomie, l'analyse d'une tache selon sa décomposition hiérarchique etant insuffisante, la dimension cognitive lors d'une activité en situation écologique est essentielle afin d'y adapter l'interface
  • en gestion des connaissances, l'assimilation d'une fonction est dépendante du contexte et nécessite un traitement de l'information adéquat
  • en intelligence artificielle, la prise en compte de ces fonctions cognitives permet une co-conception entre cognition artificielle et naturelle

Les fonctions cognitives permettent ainsi de mieux accompagner l'homme dans ses expériences vécues. Cette approche est nécessaires à partir du constat des limites du concept de représentation, ce concept majeur de la cognition n'étant pas étudiable directement.

La CIF (Classification Internationale du Fonctionnement) publiée par l'OMS en 2001, décrit le processus du fonctionnement et du handicap dans une approche multidimensionnelle:
"l'état de fonctionnement ou de handicap d'une personne est le résultat de l'interaction dynamique entre son problème de santé et les facteurs contextuels".

Au dela du médical, un handicap est ainsi le résultat d'une relation complexe entre:

  • le problème de santé (maladies, troubles, lésions, traumatismes, )
  • les facteurs personnels d'une personne
  • les facteurs externes, circonstances dans lesquelles vit cette personne

Une société peut diminuer les handicaps de sa population en mettant à sa disposition des facilitateurs. La gestion des Handicaps n'est donc pas seulement une problèmatique personnelle mais bien une question de société.

Ainsi, en conception l'approche Universal Design (ou Design for All) souhaite amplifier la réalisation d'un environnement, de produits et de services accessibles et utilisables par le plus grand nombre de personnes possibles.

7 principes ont été identifiés pour soutenir cette approche:

  • Etre utile et vendable à des personnes aux capacités diverses
  • Convenir à un large éventail de choix et de capacités individuelles
  • Etre d'un usage aisé, quels que soient l'expérience, les connaissances et le niveau de concentration courant de l'utilisateu
  • Transmettre effectivement à l'utilisateur les informations nécessaires quelles que soient ses capacités sensorielles et les conditions ambiantes
  • Minimiser le hasard et les conséquences d'actes involontaires ou accidentels
  • Pouvoir être utilisé efficacement, confortablement et avec un minimum de fatigue
  • Disposer d'une taille et d'espace suffisant pour l'approche, la préhension et la manipulation quelles que soient la taille, la posture ou la mobilité de l'utilisateur

L'évaluation heuristique valide le bon respects de petits principes.

Les heuristiques les plus connues sont celles de Bastien & Scapin (cf. ergologique.com en bas de cette page), elles sont classées en 8 critères et 18 sous-critères: Guidage: lisibilite incitation, groupement/distinction entre items

  • Charge de travail: brièveté et densité informationnelle
  • Controle explicite: action explicite, controle utilisateur
  • Adaptabilité: flexibilité et prise en compte de l'expérience de l'utilisateur
  • Gestion des erreurs: protection contre les erreurs, qualités des messages d'erreurs, correction des erreurs
  • Homogénéité/cohérence
  • Signifiance des codes et des dénominations
  • Compatibilité

Ces heuristiques sont manipulées sous la forme d'une grille d'évaluation ( exemple pour la navigation).
De même les heuristiques de Nielsen (cf. modèle) sont souvent utilisées:

  1. L'état du système doit-être visible
  2. Le système doit-être le reflet du monde réel
  3. L'utilisateur doit garder le contrôle et être libre
  4. être cohérent et respecter les standards
  5. Prévenir les erreurs
  6. Reconnaitre plutôt que rappeler
  7. Flexibilités et efficacité
  8. Esthétique et minimalisme
  9. Aider l'utilisateur à reconnaitre, diagnostiquer et réparer les erreurs
  10. Aide en ligne et documentation

Les recommandations ergonomiques quant à elle permettent un examen systématique permettant d'établir la non-conformité des caractéristiques de l'interface à ces principes. Il existe notamment des guides d'intégration à des environnements Web et OS.

L'évaluation d'une interface mesure l'utilité et l'utilisabilité du système, on distingue pour cela différentes méthodes de conceptions centrées sur:

Ces techniques se différencient en privilègiant différents critères (durée d'exécution, taux d'erreurs..) selon leur centre d'intérêt et les éventuels participants (évaluateurs, utilisateurs).

La Conception Centrée Utilisateur est un modèle de conception , au carrefour de disciplines différentes (facteurs humains, architecture de l'information, design, marketing, qualité, etc.), qui vise une expérience utilisateur optimale.
En effet de nombreux défauts d'utilisabilité n'apparaissent qu'à l'occasion de tests avec des participants semblables aux utilisateurs finaux.

Un processus général de conception centrée sur les utilisateurs (user-centred design) se caractérise par :

  • des solutions de conception itératives
  • l'implication active des utilisateurs
  • des équipes de conception multidisciplinaires incluant techniciens et spécialistes des facteurs humains
  • une allocation appropriée des fonctions entre l'utilisateur et le système

En pratique, au cours d'un tel processus, il s'agit de :

  • spécifier le contexte d'utilisation : les utilisateurs, leurs buts, leurs tâches, et leurs environnements
  • spécifier les besoins d'efficacité, d'efficience et de satisfaction
  • prototypage itératif
  • tests auprès d'utilisateurs représentatifs.

Ressources:

La cartographie sémantique est une élaboration et utilisation de représentations visuelles de données abstraites pour amplifier la cognition (source: glossaire de la société Ontologos).
Cette activité renvoit à la sémiologie graphique qui recherche la transcription dans le système graphique d'un signe facilitant sa communication.
Une carte est à la fois:

  • visuelle d'après les mécanismes de la perception humaine ( loi de la gestalt, et limites physiques du système visuel) et selon le type de représentation (arborescence, graphes, diagrammes...), et de perspective (2D, 3D...) choisis
  • culturelle elle véhicule un message qui doit être accessible sémantiquement, adaptée à son objectifs et son utilisateur
  • enactive elle permet une recherche par coévolution avec son auteur, la navigation (échelle/représentations multiples...) est une recréation à chaque instant du couple objet/sujet, aussi la construction de connaissance nécessite une familiarisation par exploration des données

Sur internet, dans les documents et dans les bases de données, cette représentation est nécessaire du fait de la surcharge informationnelle et son objectif est donc complémentaire à celui de réalisation du web sémantique. Des structures xml existent déja:

L'équipe condillac de l'université de savoie portent ainsi ses travaux sur la modélisation des connaissances et des systèmes, avec pour objectif de résoudre la problématique sur la présentation de l'information afin de permettre un accès aux connaissances de manière optimale.
Voici d'autre outils existant:

Voici des outils du monde open-source en rapport avec la modèlisation des connaissances ou simple affichage de graphes utilisant xml:

Les services Webs permettent l'échange de données standardisées entre différents languages utilisés sur différentes plateformes. Leur utilisation peut ainsi permettre de mieux intégrer les applications au sein d'une entreprise, mais aussi de faciliter l'échange d'information par des interfaces publiques.

Le format des données échangées est le plus souvent Xml, mais un protocole standart est nécessaire à leur transport sur internet.

Ces protocoles peuvent reposer sur différentes architectures :

  • SOAP/WSDL, Simple Object Access Protocol, est un framework permettant d'établir un procole. S'il fournit un cadre, son intéropérabilité demande une standardisation au niveau applicatif qui peut poser des problèmes de flexibilité en cas de mauvais choix de conception.
  • REST, REpresentational State Transfer, supporte le concept générique d'objet en utilisant le CRUD-pattern présent dans le protocole d'application http. La nécessité d'avoir une structure peut néanmoins en diminuer les performances (par rapport à un service dont l'interface est spécialisée autour d'une tache). Des articles écrits par Joe Gregorio explorent des applications permises par cette architecture.

L'architecture de l'information extrait une structure conceptuelle d'un ensemble de contenus et de besoins utilisateurs. Cette structure concerne différents aspects du site: apparence, navigation, interface et interactivité.
La système de navigation peut etre décrit par le zoning qui consiste à découper l'interface en zones d'informations, il peut s'apparenter à un gabarit de page : on y décrit l'emplacement des éléments et leur appellation.

Pour améliorer un site existant, on peut par exemple présenter aux utilisateurs les contenus supposés d'un site web sous forme de cartes et leur demander de les organiser par groupes, ou plus généralement s'intéresser à l'utilité et l'utilisabilité (caractère nécessaire ou superflu des différents contenus, adaptation aux contraintes d'occupation de l'espace, de lisibilité, de clarté, d'articulation...).

La prise en compte de l'architecture de l'information doit être réalisé en amont lors de la phase d'étude (Benchmark comparatif de la concurrence, audit fonctionnel et ergonomique de l'existant, document de préconisations), et se poursuivre lors de la conception avec le client aux travers différentes approches: zoning, arborescente, cinématique.

Dans le cadre d'une entreprise apprenante, il est nécessaire de se doter d'une Infostructure pour agir de facon cohérente et efficace. Cet urbanisme informationnel doit servir de cadre directeur, systémique, visant à assurer au mieux le développement de l'Infopolis (analogie entre l'entreprise et la gestion d'une ville).
Elle doit pour cela identifier et mettre en valeur:

  • la stratégie d'organisation et les groupes d'acteurs structurant l'entreprise
  • les processus formalisés de l'institution (métiers, pratiques)
  • les thématiques informationnelles à privilégier selon les besoins fonctionnels
  • les responsabilités dans la gestion de l'IDC, sources et ressources à mobiliser

image de la triade de Peirce

La sémiotique, comme la sémiologie, a pour ambition de comprendre la culture et la communication à partir d'une réflexion sur les signes.
La conception peircienne de la sémiotique est triadique, comprenant:

  • Priméité, mode d'être, renvoyant à l'état (psychique), le concept
  • Secondéité, mode d'être de ce qui est tel qu'il est, renvoyant à l'objet (physique)
  • Tiercéité, mode d'être de ce qui est tel qu'il met en relation, renvoyant au signe (psycho-mental)

Cette approche sémiotique est utilisée en structure de SBC ou en analyse multimédia.

Une ontologie est une représentation structurée et opérationnelle de concepts et de leurs relations sémantiques, au sein d'un domaine. Une version simplifiée est, par exemple, une hiérarchie de termes reliés par des relations génériques/spécifique.

Elle correspond donc à un vocabulaire contrôlé et organisé et à la formalisation explicite des relations créées entre les différents termes du vocabulaire. Elle est réalisée en fonction de:

  • du domaine: couvertures « sémantique » : vocation encyclopédique ou spécialisée
  • des objectifs: informer, normaliser, capitaliser, rechercher, communication inter-logicielles
  • des utilisateurs: terminologies, sources d 'information
  • des propriétés visées: consensus, cohérentes, consistantes, inférences

On peut s'aider lors de sa réalisation d'outils d'édition d'ontologies tel Protégé.
Une telle application(avec ses plugins) permet de plus de définir des formulaires d'entrée de données, de les acquérir, et de les étendre pour créer des applications à bases de connaissances utilisant un moteur d'inférence.

Ainsi à partir d'entretiens avec un acteur du domaine, le recueil de son vocabulaire permet de classifier l'information qui l'entoure. Son vocabulaire représente l'ensemble des termes dont la signification est partagée avec ses communautés de pratiques et y permettant l'échange d'information.
Je vous conseille cet excellent guide.

arbre des dépendances du moldèle de Nielsen

Nielsen (1994) situe ce concept d'utilisabilité au sein d'un concept plus large d'acceptabilité d'un système.
Il décrit ce modèle par un arbre o๠l'acceptabilité d'un système se divise en acceptabilité pratique et sociale. L'acceptabilité pratique englobe à son tour un certain nombre de caractéristiques dont la fiabilité et les performances et la facilité d'utilisation. Nielsen divise ensuite cette facilité en utilité et utilisabilité.

Ce modèle met en évidence l'importance de l'utilisabilité pour l'acceptation (et donc le succès) d'un système tout en soulignant que ce n'est qu'un composant de cette acceptabilité.
Un autre aspect important est la distinction entre utilité et utilisabilité. Les méthodes d'analyse de l'activité nous permettent de cerner quelles fonctionnalités doit fournir l'application, autrement dit quelles fonctionnalités sont utiles.
Un système de bonne qualité ergonomique devra être à la fois utile et utilisable.

image de

La Théorie de l'Action de D.Norman repose sur les deux hypothèses suivantes : l'individu élabore des modèles conceptuels qui régissent son comportement et l'accomplissement d'une tâche s'effectue en sept étapes. Voici les 7 étapes dans l'accomplissement d'une tâche :

  • établissement d'un but : un but est la représentation mentale d'un état désiré. Dans le cas ou le but ne peut être directement réalisé, l'utilisateur élabore un plan de résolution dans lequel le but est décomposé en une hiérarchie de sous-buts plus simples.
  • Formation d'une intention : l'intention définit la sémantique de l'expression d'entrée physique. Elle résulte de l'évaluation de la distance en termes de variables psychologiques entre le but et l'état actuel.
  • Spécification de la suite d'actions : le résultat de la traduction de l'intention est un plan de résolution, spécification mentale des actions à exécuter.
  • Exécution des actions : elle conduit au changement de l'état physique du système. Elle met en jeu le savoir-faire moteur, la mémoire musculaire.
  • Perception de l'état du système : après exécution des actions, le système a changé d'état. Cet état est exprimé en termes de variables physiques. La perception consiste à le traduire en termes de variables psychologiques.
  • Interprétation : elle détermine le sens de l'expression de sortie, c'est-à -dire de ce qui a été percu à l'étape précédente.
  • évaluation : elle établit une relation entre le but souhaité de l'étape 1 et la sémantique de l'expression de sortie. Cette évaluation peut amener l'utilisateur à une révision du plan, et produire ainsi de nouveaux buts et intentions.

La théorie constructale

Les systémes étant par essence imparfaits (second principe de la Thermodynamique), la fléche du temps impose aux formes et structures observées, d'optimiser les objectifs sous l'évolution des contraintes globales et locales.

Des similitudes sont courantes entre les systémes en écoulement dans la nature et en Ingénierie par exemple, les arborescences existent en informatique, dans le corps humain, dans la croissance des cristaux, dans le développement des réseaux urbains ou de communication.

la théorie constructale suppose que les contraintes et objectifs de l'ingénierie sont aussi ceux qui gouvernent la géométrie des flux dans la nature.

Son créateur, Adrian Bejan, propose de l'appliquer à la construction de systèmes artificiels ou artefacts optimisés, s'inspirant des processus d'optimisation des formes à l'oeuvre dans la morphogenèse naturelle.

Si l'ingénieur veut réaliser un système complexe optimisé, il découpera ce système en unités aussi petites que possible, pour lesquels il deviendra alors relativement facile de définir les conditions de fonctionnement optimisé.

La forme élémentaire optimale étant trouvée, on reliera plusieurs de ces unités en réseau dont les lois physiques, là encore, permettent de définir la forme optimale. De proche en proche, en remontant par ce procédé les échelles une à une, on arrive à une forme globale optimale par rapport aux contraintes et objectifs désirés. Cette forme optimisée est donc construite de facon ascendante, compte tenu des caractères propres des unités qui la composent, elles-mêmes optimisées chacune à son niveau.

Conception Numérique


Facteurs Humains


Epistémologie